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Ces
dernières années, il suffit d’avoir pris la revue Training,
un mensuel américain consacré au monde de la formation, pour
constater combien le e-learning est sur toutes les pages : publicité,
articles, peu s’en faut qu’on ne parle que de ce sujet !
C’est neuf, différent, inconnu, électronique, économique
et, pourquoi pas, paraît-il, terriblement efficace. Bref, le e-learning,
parfois traduit par e-formation en français (notons au passage le
petit glissement de l’apprentissage à la formation…),
a bien des atouts dans notre monde de consommation, de fast tout
et de buzz words.
Mise au point
Ce texte présente quelques exemples d’utilisation possible
de la e-formation dans une entreprise, mais pour ce faire, il s’appuie
sur une certaine conception de la chose. Afin d’apprécier ce
texte, il est important que le lecteur connaisse les deux axiomes de base
de cette conception :
| 1.
La E-FORMATION, c'est 10 %
E(lectronique) et 90 %
FORMATION |
| Depuis
que la e-formation se popularise, on n’a jamais vu autant
de personnes prétendre s’y connaître en formation
et en apprentissage! Pourtant, la formation fut-elle électronique,
demeure avant tout une question de pédagogie, soit :
une approche structurée visant à favoriser
un maximum d’apprentissages. Les techniciens
ou informaticiens connaissent le E mais n’ont pas a priori
de compétence pour le F, le O,
le R, le M, le A,
le T, le I, le O,
le N. Il est donc primordial, dans tout projet,
de s’entourer de 10% de ressources techniques et de 90%
de ressources pédagogiques (d’ailleurs, e-formation
compte bien 10 lettres judicieusement partagées…). |
| 2.
L’apprentissage sort gagnant avec la formule E
mc² |
| Nous
continuerons demain et après-demain à mettre une
ressource compétente, généreuse et intéressante,
dans un local avec des gens qui veulent apprendre et qui ont
des questions. Nous continuerons à favoriser la relation
long terme qui s’établit entre un individu qui
veut apprendre et un autre qui sait et qui coache le premier.
La e-formation est tout simplement un outil de plus, capable
dans certaines circonstances, auprès de certains individus
et sur certains sujets, de favoriser des apprentissages; ce
qui est merveilleux ! Mais ça n’est certainement
pas le seul et dernier mot sur l’apprentissage. Dans les
faits, une heureuse recette permettant de favoriser un maximum
d’apprentissage dans un milieu de travail serait un cumul
de divers outils à notre disposition : la E-formation
pour enseigner ce qu’elle est bonne à enseigner
(dans ce texte, vous en aurez plusieurs exemples), le cours
Magistral pour
les questions et l’intégration des notions, et
le Coaching pour
le support et le suivi auprès des apprenants: donc E
mc² ! Voilà une formule sans
doute plus efficace et porteuse de plus de promesses que de
confier tout son argent à la e-formation: en pédagogie,
comme en finances, il est plus prudent et surtout plus efficace
de diversifier ses investissements… |
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| QUELQUES
OCCASIONS D’UTILISER LA E FORMATION |
En
général, on envisage la e-formation pour les entreprises
qui sont grandes, multisites ou internationales; pourtant, ça
n’était pas le cas chez XYZ (nom fictif) où nous
sommes intervenus, une entreprise d’environ 800 employés
en très grande partie localisés à Montréal.
En général, on invoque aussi en premier lieu des raisons
d’économie: de formateurs, de déplacements, de
temps loin du poste de travail pour justifier la e-formation; pourtant,
XYZ a fait l’acquisition d’une plate-forme avec l’intention
de l’utiliser à l’interne pour améliorer
la qualité des apprentissages, mais pas vraiment ou a priori
pour des raisons d’économie. |
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| 1.
La e-formation comme support à la Gestion de la connaissance |
Les connaissances relatives à notre
environnement |
XYZ
travaille en télécommunications et offre une très
large gamme de produits et services. En fait, tellement large qu’il
était impossible de bien s’y connaître en tout.
De plus, seule une partie du personnel, celle issue du monde de la
technologie, était familière avec les notions de base
des télécommunications; de nombreux employés
qui s’occupaient de ressources humaines, de finances, de facturation,
de support bureautique etc., s’y connaissaient bien peu. Cependant,
les dirigeants étaient convaincus qu’il y aurait une
valeur ajoutée intéressante à ce que tous les
employés en sachent un minimum sur le champ d’activité
de l’entreprise.
La e-formation a permis de rendre disponible à tous, sous une
forme favorisant un maximum d’apprentissage, de l’information
pertinente sur le champ d’activité. Pour ce faire, nous
avons divisé le contenu visé en 18 modules : les
employés ont eu le choix de suivre les thèmes qui les
intéressaient, et leurs gestionnaires ont aussi eu la possibilité
de leur donner une prescription pour qu’ils suivent les cours
1, 2, 14 et 18. Ainsi, pour une ressource donnée, par exemple
une secrétaire, la prescription différait de celle pour
un vendeur de téléphonie interurbaine ou d’un
commis à la facturation.
D’aucuns pourraient soutenir que le choix de l’électronique
ne s’imposait pas et que des cartables auraient fait l’affaire.
Sans doute. Mais les cours, dans ce cas-ci développés
en PowerPoint, étaient en couleurs, économiques à
réaliser, ne prenaient pas de place sur les rayons, permettaient
d’inclure des exercices qui s’autocorrigent pour assurer
l’évaluation continuelle des apprentissages, et les corrections
au matériel étaient faites facilement et simultanément
dans toutes les versions en circulation; difficiles de faire aussi
bien avec des cartables, convenons-en…
Sur le thème des connaissances génériques nécessaires
dans une entreprise, il est facile de penser développer d’autres
cours d’intérêt pour tous, tels qu’un cours
d’introduction à l’entreprise, un cours sur des
règles de régie interne, l’approche qualité
etc. Les possibilités, vues sous l’angle de l’information
utile, facilement accessible pour tous, n’ont pas de limites.
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Les
connaissances
d’appoint et connaissances sur les lignes de produits
|
Dans cet environnement, celui des «Telco» (Telephone
company), il y a aux ventes et au service à la clientèle
un taux de roulement relativement important et parfois, un taux de
croissance subit et d’envergure. Pour ces raisons, il était
nécessaire de donner accès à l’information
sur les produits et services aux employés en lien avec les
clients. Cette information devrait être accessible pour les
nouveaux qui arrivent un à un, mais aussi pour les anciens
qui ont besoin de se rafraîchir la mémoire sur un produit
ou un service.
De plus, il était nécessaire de nous assurer que les
connaissances préalables exigées pour apprendre sur
ce produit ou service étaient elles aussi disponibles. Par
exemple, si je dois apprendre les détails sur des produits
de sécurité Internet, je devrai auparavant avoir des
notions de base sur l’Internet et sur la sécurité
informatique.
L’outil d’apprentissage en ligne a permis de développer
de tels programmes de cours, en sus de celui sur les télécommunications:
soit un d’appoint où étaient regroupées
les notions préalables aux différents cours sur les
produits et services, de même qu’un autre sur les produits
et services. |
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| 2.
E-formation pour apprendre à utiliser un outil (dans ce cas-ci,
des Tuiles dans Lotus Notes) |
Bien
évidemment, un cours sur un produit sert à apprendre
sur ce produit : ses caractéristiques, ses avantages,
son tarif, etc. Mais dans le domaine de la e-formation, un cours peut
aussi servir à apprendre à utiliser un autre outil électronique.
Ce fut le cas avec les cours du programme sur les produits et services :
tous ces cours, qui contiennent de l’information générale
sur chaque produit et chaque service, enseignaient aussi où
et comment aller chercher un supplément d’information
dans Lotus Notes, plus précisément dans ce que nous
appelions dans notre jargon : les Tuiles.
Voici comment ça fonctionnait : les cours en ligne contiennent
une information générique et permanente, tandis que
les Tuiles renferment une information plus à jour
et détaillée. Par la magie de l’électronique,
en fait par des hyperliens contenus dans chaque cours, nous permettions
aux usagers d’accéder à un supplément de
connaissances, en allant du cours à la section pertinente de
la Tuile. En ce faisant, nous développions leur intérêt
pour les Tuiles, de même que leur capacité et
l’habitude de les utiliser…
Nous croyions gagner à agir ainsi parce que, par la suite,
nous nous contenterions de garder à jour les Tuiles
qui contiennent beaucoup d’information et parfois de l’information
très pointue, plutôt que d’investir du temps à
mettre à jour les cours. Cette utilisation de la e-formation
serait donc bénéfique à plus d’un niveau :
d’une part, nous enseignions sur les produits et services, et
d’autre part, nous enseignions l’utilisation des Tuiles
qui étaient bien mal utilisées. |
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| 3.
E-formation pour accéder à une formation de base sur
un sujet |
La e-formation n’est pas le meilleur outil pour instaurer certains
environnements d’apprentissage : on y manque l’interaction
du groupe et du formateur qu’on retrouve en classe en chair
et en os; on y manque aussi la relation humaine, le coaching…
Mais la e-formation a certainement une grande utilité pour
favoriser des apprentissages sur le plan des connaissances et en second
lieu sur celui de la compréhension. Et en y pensant bien, de
façon générale, toute formation ou presque débute
par une partie connaissance et compréhension, ne serait-ce
que pour partager un même vocabulaire, comprendre le pourquoi
et le comment. La e-formation peut donc souvent jouer un rôle
très intéressant en permettant de diffuser rapidement
et de façon unique un même message, tout en garantissant
la pérennité de l’information.
Voici deux cas pratiques en guise d’illustration. |
— E-formation
pour annoncer une migration |
XYZ s’apprêtait à effectuer une migration de Windows
1997 à Windows 2000, accompagnée d’une migration
aussi pour Lotus et la suite Office; plusieurs centaines d’employés
allaient être touchées. Notre projet fut le suivant:
développer un plan de communication annonçant ce changement,
puis rendre disponible un cours d’introduction aux changements
en e-formation et par la suite rendre accessibles sur chaque sujet
des cours CBT (Computer Based Training) et un accès
à des ressources compétentes pour permettre d’apprendre
en mode application l’utilisation des nouveaux logiciels ou
outils informatiques. |
— E-formation pour mettre à niveau les
participants |
Une autre utilisation intéressante consiste à mettre
à niveau, avant un cours en salle, les futurs participants.
L’absence d’homogénéité d’un
groupe est certainement l’un des grands défis qu’un
formateur doit relever à chaque cours : certains participants
en savent plus que leurs collègues alors que d’autres
manquent de connaissance préalables. C’est un peu le
problème du thermostat : il fait toujours ou un peu froid
ou un peu chaud.
La e-formation vient à la rescousse en permettant aux participants
d’acquérir les connaissances et la compréhension
qui assurent le formateur d’un minimum chez ses participants,
avant même qu’il ne commence son cours.
Les gains sont multiples : ceux qui savaient déjà
n’ont pas à apprendre (tout cours de e-formation devrait
donc prévoir un prétest…) et ceux qui en avaient
besoin ont l’occasion de s’instruire. Le formateur peut
ainsi se consacrer plus rapidement à l’aspect pratique
de son cours.
C’était notre cas dans l’enseignement sur notre
CRM (Client Relationship Management tool), c’est-à-dire
notre outil de Gestion de la Relation Client, où l’on
apprend l’utilisation d’une application informatique permettant
de garder trace de toute intervention auprès d’un client.
La formation sur cette application est surtout pratique et la diffusion
du cours en ligne sur le sujet permet au formateur de se consacrer
dès le début de son cours à l’essentiel :
enseigner l’utilisation de l’outil CRM. Pourquoi un tel
outil, comment fonctionne-t-il, de quoi ont l’air ses pages-écrans,
tous ces sujets sont couverts au préalable en ligne. Il y a
là un important gain de temps et, ce qui n’est pas négligeable,
une préparation mentale de la part des participants et plus
de motivation à leur arrivée en classe.
On peut arguer qu’un livre ou un texte sur le sujet ferait tout
aussi bien. Encore une fois, peut-être; mais l’avantage
de l’électronique, accessible à tous en tout temps,
qu’on peut corriger auprès de tous instantanément,
qu’on n’a pas besoin d’imprimer et qui évalue
les apprentissages, demeure, pour dire le moins, appréciable. |
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| E-formation
AVANT un formateur très technologique |
Dans le même ordre d’idée, la e-formation peut
aussi venir en aide à un formateur technique au talent limité
en communication.
Souvent, ces individus manquent d’habiletés pour enseigner
les fondements sur un sujet, traiter des aspects de connaissances
et de compréhension; parfois aussi, ils manquent d’intérêt
et ou de patience pour le faire. Conséquence: les cours abordent
(trop) rapidement les applications, délaissant les réponses
aux questions reliées au Pourquoi et Dans quel
contexte, si chères aux participants en quête d’explications
pour se motiver et organiser leur pensée.
Dans ces circonstances, la e-formation, développée par
un concepteur habile, peut en partie compenser pour la faiblesse du
formateur, en donnant aux futurs participants une base qui les aidera
en classe. Ce qui fait défaut chez certains formateurs plutôt
technologiques, c’est justement ce qui fait la force de la e-formation:
enseigner les connaissances et la compréhension. |
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| CONCLUSION |
L’apprentissage en ligne n’est certainement pas la solution
universelle et constater le trop grand cas qu’on en fait est
plutôt inquiétant; il ne faut pas perdre de vue que la
valeur d’un outil de formation, fut-il électronique,
se mesure et se mesurera toujours à la quantité et la
qualité des apprentissages générés.
Mais cela dit, la e-formation est néanmoins un outil très
intéressant, aux possibilités nouvelles et puissantes.
Elle mérite sans aucun doute notre attention, comme pour les
commerçants le commerce électronique. Après tout,
ceux qui travaillent en formation se doivent d’être attentifs
à tout ce qui peut générer des apprentissages
et il n’y a pas de doute: la e-formation peut le faire avec
bonheur dans plusieurs situations.
Pour un gestionnaire responsable de la formation, c’est un nouvel
outil dans son coffre: bien utilisé, en conjugaison avec d’autres,
sa responsabilité de favoriser le maximum d’apprentissages
a plus de chance d’être relevée avec succès. |
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