Découvrez votre style d'apprentissage
  par JEAN-LOUIS PFLIEGER, consultant en formation et animateur de sessions de formation

Chacun a son propre style d'apprentissage. Le découvrir permet de mieux connaître les raisons pour lesquelles on est à l'aise ou non dans les différentes situations d'apprentissage.


 


Les quatre principaux styles d’apprentissage

Le style d'apprentissage est l'ensemble des moyens utilisés par chaque personne pour apprendre.

Les andragogues distinguent quatre styles d’apprentissage. La connaissance de ces styles permet de comprendre pourquoi certains apprennent plus vite que d’autres et pourquoi des activités qui fonctionnent bien avec les uns ne semblent pas donner de résultats avec d’autres.

Tous les styles se valent. Il n’y en a pas de meilleurs que d’autres.

Chaque personne utilise plusieurs styles pour apprendre. Jamais un seul. Toutefois, chacun privilégie le ou les styles qui conviennent mieux à sa personnalité.

 

 
 
Les styles Définitions
L'actif  L’actif a son cerveau au bout de ses doigts. Pour apprendre, il a besoin de fabriquer, créer, souder, scier, etc. Il apprend en faisant des choses réelles. Il apprend généralement rapidement car il veut obtenir des résultats rapides. Il aime la compétition.
Le pragmatique Il ne peut apprendre qu’à partir du moment où il sait à quoi va lui servir ce qu’on veut qu’il apprenne. Tant qu’il ne sait pas l’utilité de sa formation, il ne peut se concentrer et retenir ce qu’on lui montre. Il est plutôt rapide et aime la compétition.
Le théorique Pour apprendre, il a besoin d’avoir confiance en son instructeur et en ce qu’on lui présente. Il se demande toujours si le compagnon connaît son affaire et si le contenu enseigné est pertinent , à jour, bien documenté, etc. Comme toute cette réflexion prend du temps, il apprend moins rapidement. Pour cette raison, il n’aime ni la compétition ni le travail d’équipe. Il aime partager ses connaissances avec les autres.
Le réfléchi Attention au réfléchi. Il se fait souvent mal juger au début. En effet, il donne l’impression de ne pas être intéressé. Ceci n’est qu’une apparence. Le réfléchi a absolument besoin d’étudier par lui-même, tout seul, en prenant son temps et en dehors du temps de travail. Il déteste franchement toute forme de compétition et de travail d’équipe.
 
     
 

Comment les reconnaître et quoi faire ou ne pas faire ?

Voici quelques pistes destinées à vous aider à identifier les styles de vos apprenants et des conseils pour créer les meilleures conditions possibles d’apprentissage.

 

 
 

QFP = questions fréquemment posées
          C = comportement

Les styles
Indices pour les reconnaître
À faire
L'actif 
QFP :
Quand est-ce qu’on commence ?
Donne-moi quelque chose à faire.
Passer le plus vite possible à la pratique. Après qu'il a pratiqué, insister pour qu'il dise ce qu'il vient de faire et revenir sur les aspects théoriques.
C :
Il « grouille » tout le temps.
Le pragmatique 
QFP :
À quoi ça sert ? Pourquoi fait-on ça ? Depuis quand ? S’assurer qu’il a bien compris l’utilité de la tâche qu’il aura à exécuter avant de poursuivre les explications sur la tâche proprement dite.
 C :
Généralement bien organisé pour apprendre.
Le théorique  
QFP :
Est-ce que c’est écrit quelque part ? Si on faisait autrement, qu’est-ce que ça donnerait ? Ne pas lui donner de réponse quand on sait qu’il trouvera la réponse lorsqu'il exécutera la tâche. Créer les conditions pour qu’il se sente prêt à pratiquer la tâche le plus vite possible.
 C :
Commence souvent ses questions en donnant son point de vue... sur la réponse!
Le réfléchi 
QFP :
Peu ou pas de questions. Éviter de lui demander de réagir tout de suite. Lui accorder du temps pour qu’il réfléchisse. 
C :
Donne souvent l'impression qu'il est peu intéressé à apprendre.
 
     
 

TEST : DÉCOUVREZ VOTRE STYLE D'APPRENTISSAGE

 
 
1.
Répondez « oui » ou « non » à chaque affirmation   (O = oui     N = non)
2.
Comptez uniquement le nombre de « oui » dans chaque catégorie (A-P-T-R).
3.
Reportez vos résultats au début de la description de chaque style.
 
 
 Affirmations 
Catégorie
Oui
Non
1. 
J’ai de grandes croyances sur ce qui est juste, injuste, bien ou mal.
T
2. 
J’agis souvent sans penser aux conséquences.
A
3. 
J’ai tendance à résoudre les problèmes en utilisant une approche étape par étape.
T
4. 
Je crois que les procédures et les politiques restreignent les gens.
A
5. 
J’ai la réputation de dire ce que je pense simplement et directement.
P
6. 
Je trouve souvent que les actions qui s’appuient sur les émotions sont aussi valables que celles qui s’appuient sur des analyses ou des réflexions.
A
7. 
J’aime les travaux où j’ai du temps pour me préparer et implanter soigneusement.
R
8. 
J’interroge régulièrement les gens sur les fondements de leur points de vue.
T
9. 
Ce qui compte le plus pour moi, c’est qu’une chose marche dans la pratique.
P
10. 
Je cherche de façon active de nouvelles expériences.
A
11. 
Quand j’entends parler d’une nouvelle idée ou d’une nouvelle approche, je me mets immédiatement au travail pour voir comment elle peut s’appliquer dans la pratique.
P
12. 
Je suis très fort-e sur la discipline personnelle telle que surveiller mon régime, faire régulièrement de l’exercice, respecter une routine imposée, etc.
T
13. 
Je tire de la fierté à faire du travail de minutie.
R
14. 
Je m’entends mieux avec les gens logiques ou analytiques, et moins avec les personnes spontanées ou irrationnelles.
T
15. 
Je me méfie de l’interprétation des données et j’évite de sauter aux conclusions.
R
16. 
J’aime en arriver à une décision de façon prudente en examinant plusieurs possibilités.
R
17. 
Je suis plus attiré-e par les idées nouvelles ou inhabituelles que par les idées pratiques.
A
18. 
Je n’aime pas les affaires désorganisées; j’ai tendance à vouloir faire entrer les affaires dans des modèles cohérents.
T
19. 
J’accepte et je respecte les procédures établies et les politiques tant que je les considère comme un moyen efficace de faire l’ouvrage.
P
20. 
J’aime relier mes actions à un principe général.
T
21. 
Dans les discussions, j’aime arriver droit au but.
P
22. 
J’ai tendance à avoir des relations distantes et formelles avec les gens au travail.
T
23. 
J’aime m’attaquer à quelque chose de nouveau; c’est un défi qui me stimule.
A
24. 
J’apprécie les gens spontanés et enjoués.
A
25. 
Je fais très attention aux détails avant de tirer une conclusion.
R
26. 
Je trouve difficile d’émettre des idées sur l’impulsion du moment.
T
27. 
Je crois qu’il faut pouvoir en arriver immédiatement au cœur du sujet.
P
28. 
Je fais attention à ne pas sauter aux conclusions trop rapidement.
R
29. 
Je préfère disposer du maximum de sources d’information – plus je peux brasser d’informations, mieux c’est pour moi.
R
30. 
Habituellement, les désinvoltes qui ne prennent pas les choses au sérieux m’irritent.
T
31. 
J’écoute le point de vue des autres avant de proposer le mien.
R
32. 
J’ai tendance à dévoiler comment je me sens.
A
33. 
Quand il y a des discussions, j’ai du plaisir à observer les manœuvres des autres participants.
R
34. 
Je préfère réagir aux événements de façon spontanée et souple plutôt que de planifier les choses à l’avance.
A
35. 
J’ai tendance à être attiré-e par des techniques telles que les analyses de réseau, les organigrammes, la planification des urgences.
P
36. 
Ça m’ennuie lorsque j’ai à produire un travail dans un échéancier très serré.
R
37. 
J’ai tendance à juger les idées des gens sur leur mérite dans la pratique.
P
38. 
Les gens tranquilles et réfléchis ont tendance à me mettre mal à l’aise.
A
39. 
Je deviens souvent agacé-e par les gens qui veulent accélérer les choses.
R
40. 
Il est plus important d’apprécier le moment présent que de penser au passé ou au futur.
A
41. 
Je pense que les décisions s’appuyant sur une analyse complète de toute l’information sont plus saines que celles qui s’appuient sur des intuitions.
R
42. 
J’ai tendance à être perfectionniste.
T
43. 
Dans les discussions, j’ai l’habitude d’émettre beaucoup d’idées spontanées.
A
44. 
Au cours des discussions, je mets de l’avant des idées pratiques et réalistes.
P
45. 
Plus souvent qu’autrement, les règles sont là pour ne pas être respectées.
A
46. 
Je préfère prendre du recul face à une situation et envisager toutes les possibilités.
R
47. 
Je suis souvent à même de constater des incohérences et des faiblesses dans les arguments des autres.
T
48. 
Tout calculé, je parle plus que j’écoute.
A
49. 
Je vois souvent de meilleures façons plus pratiques de faire les choses.
P
50. 
Je crois que les rapports écrits devraient être courts et directs.
P
51. 
Je crois que c’est la pensée rationnelle et logique qui devrait l’emporter.
T
52. 
J’ai tendance à discuter de sujets précis avec les gens plutôt que de m’engager dans des discussions de type social.
R
53. 
J’apprécie les gens qui ont une approche plus réaliste que théorique.
P
54. 
Dans les discussions, les digressions me rendent impatient-e.
P
55. 
Si j’ai un rapport à écrire, j’ai tendance à en produire plusieurs versions avant la version finale.
R
56. 
J’aime essayer des choses pour voir si elles fonctionnent dans la vraie vie.
P
57. 
J’aime trouver des réponses à partir d’une démarche logique.
T
58. 
J’apprécie être celui ou celle qui parle beaucoup.
A
59. 
Dans les discussions, je trouve que je suis souvent la personne réaliste qui ramène les gens sur le sujet et évite qu’on s’enfarge dans les fleurs du tapis.
P
60. 
J’aime examiner plusieurs alternatives avant de me faire une idée.
R
61. 
Quand je discute avec les gens, je me perçois souvent comme étant la personne la plus objective et la plus calme.
T
62. 
Dans les discussions, j’ai plutôt tendance à être discret ou discrète qu’à prendre la pôle et parler beaucoup.
R
63. 
J’aime pouvoir relier les actions présentes à une vue d’ensemble, à plus long terme.
T
64. 
Quand ça tourne mal, je n’ai pas de problème à mettre ça de côté et me dire que ça fait une expérience de plus.
A
65. 
J’ai tendance à rejeter les idées extravagantes et spontanées comme étant peu pratiques.
P
66. 
Il vaut mieux penser à tout avant de passer à l’action.
R
67. 
Somme toute, je suis plutôt quelqu’un qui écoute que celui ou celle qui parle.
R
68. 
Je suis plutôt dur-e envers ceux qui trouvent difficile d’adopter une démarche logique.
T
69. 
La plupart du temps, je crois que la fin justifie les moyens.
P
70. 
Je suis prêt-e à heurter les sentiments des gens si ça permet à l’ouvrage de se faire.
P
71. 
Je trouve étouffante l’obligation d’avoir une planification et des objectifs spécifiques.
A
72. 
D’habitude, je suis le genre de personne qui met de la vie à un « party »
A
73. 
Je fais tout ce qu’il faut pour que le travail se fasse.
P
74. 
Je m’ennuie rapidement dans le travail méthodique et détaillé.
A
75. 
Je suis bon pour explorer les raisons profondes, les principes et les théories qui produisent les faits et gestes.
T
76. 
Je suis toujours intéressé-e à savoir ce que pensent les gens.
R
77. 
J’aime que les réunions se tiennent de façon méthodique en respectant un ordre du jour connu de tous.
T
78. 
Je me tiens loin des sujets ambigus ou subjectifs.
T
79. 
Je trouve du plaisir dans l’action et l’excitation entourant une situation de crise.
A
80. 
Les gens me trouvent souvent insensible à leurs émotions.
P
Référence : Peter Honey et Alan Mumford
 
 

DESCRIPTION DES STYLES D'APPRENTISSAGE

 
 
 Portrait des ACTIFS      
 
Combien de « A » ?



Les ACTIFS
s'impliquent complètement dans de nouvelles expériences.


Les ACTIFS
apprennent mieux :

Les ACTIFS
apprennent moins :

Les ACTIFS
n'aiment pas :
Ils apprécient le ici et maintenant.
Ils sont du genre enthousiaste et ne se posent pas ou pas trop de questions.
Leur philosophie : « Je suis prêt-e à essayer n’importe quoi une fois! ».
quand ils vivent de nouvelles expériences,
quand il y a de l’action.
Ils adorent essayer de nouvelles choses.
Ils apprécient les jeux et les exercices de compétition entre équipes.
 •
dans des situations passives, quand il faut lire ou assister à une conférence.
 •
quand le sujet porte sur une théorie ou un concept.
le travail solitaire,
les tâches répétitives,
les situations qui demandent une préparation détaillée.
Ils n’apprécient pas non plus d’avoir à recommencer un apprentissage ou un travail.


 Portrait des PRAGMATIQUES     
 
Combien de « P » ?



Les PRAGMATIQUES
aiment mettre en pratique des idées, des théories et des techniques pour voir si elles marchent.


Les
PRAGMATIQUES
apprennent mieux quand il y a un lien évident entre le sujet à apprendre et leur emploi actuel.

Les
PRAGMATIQUES
apprennent moins :

Les PRAGMATIQUES
n'aiment pas :
Ils recherchent les nouvelles idées et sautent sur la première occasion pour les essayer.
Pour eux, les problèmes sont des défis à relever.
Leur philosophie : « Si ça marche, c'est que c'est bon ».
Quand ils ont la possibilité d’utiliser tout de suite ce qu’ils ont appris à un cours.
 •
Quand ils ne voient pas de lien entre ce qu’ils doivent apprendre et ce qu’ils font dans la vie de tous les jours.
Les discussions en général et celles à bâtons rompus en particulier.


 Portrait des THÉORIQUES     
 
Combien de « T » ?



Les THÉORIQUES
aiment analyser et synthétiser. Ils savent transformer des faits et des observations disparates en théories logiques et cohérentes.


Les
THÉORIQUES
apprennent mieux quand on leur donne un système, un modèle, même si son application n'est pas évidente.

Les
THÉORIQUES
apprennent moins :

Les THÉORIQUES
n'aiment pas :

Ils ont tendance à être des perfectionnistes qui ne lâchent pas tant que tout n’est pas rentré dans un ordre logique.

Ils adorent les fondements, les principes, les théories, les modèles et les systèmes.
Leur philosophie met la logique et le rationnel au-dessus de tout.
Ils aiment travailler sur des situations structurées ayant des objectifs clairs.
Ils apprennent quand ils peuvent explorer la logique de ce qu’on leur propose, quand ils peuvent en analyser les raisons et généraliser.
 •
Quand on leur demande de faire quelque chose sans but apparent.
Quand les activités ne sont pas structurées.
Quand l’accent est mis sur les émotions et non sur le raisonnement, la déduction, les calculs, etc.
Que les activités manquent de profondeur et qu’elles donnent l’impression de ne pas « aller jusqu’au bout ».
Que l’information manque.
Se sentir en porte-à-faux avec le reste du groupe.


 Portrait des RÉFLÉCHIS     
 
Combien de « R » ?



Les RÉFLÉCHIS
aiment prendre du recul pour tirer les leçons d'une expérience et l'observer sous tous les angles.


Les
RÉFLÉCHIS
apprennent mieux dans des activités où ils ont la possibilité d'écouter et d'observer.

Les
RÉFLÉCHIS
apprennent moins :

Les RÉFLÉCHIS
n'aiment pas :
Ils ramassent de l’information et préfèrent l’examiner attentivement avant d’en arriver à une conclusion (le plus tard possible).
Ils aiment observer les gens durant les réunions et penser avant de parler.
Leur philosophie, c’est la prudence.
Ils aiment avoir la possibilité de récolter beaucoup d’information.
Ils aiment qu’on leur donne le temps de réfléchir avant de faire leurs commentaires ou avant d’agir.
 •
Quand on les presse.
Quand on leur donne trop peu d’information.
Quand on ne leur donne pas assez de temps pour planifier ou pour se préparer à agir.
Qu’on les place sous les feux de la rampe.
Les jeux de rôle.
La présidence d’une réunion.
Ils n’aiment pas non plus faire du travail superficiel ni tourner les coins ronds en prenant des raccourcis.
 
     
     

         

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Mise à jour : 28/09/07