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Comment
intégrer des pratiques mobilisatrices dans vos projets d'amélioration :
le cas Johnson & Johnson |
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par
DIANE GIGNAC, CRHA, AGD
Formation inc.
![]() et Michel Laroche, ing., Johnson & Johnson |
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Depuis plusieurs années, de nombreux processus et outils visant l’amélioration des performances ont vu le jour et ce, pour différents volets de l’organisation : Assurance-Qualité, Santé-Sécurité au travail, développement des compétences, nouvelles pratiques de gestion (coaching, travail en équipe, gestion participative, etc.). Chez Johnson & Johnson, et probablement comme chez vous, on est resté à la page. On a suivi les « modes » et on pourrait, comme vous, faire une longue liste de tous les processus et de tous les outils implantés depuis les dernières années. Bien que tous ceux-ci nous aient permis d’améliorer nos résultats, ils ont pour plusieurs passé rapidement dans le poste « saveur du mois » du bilan. La mondialisation et la compétition actuelles nous imposent un défi incontournable, celui d’améliorer en continu nos performances. Nous sommes continuellement à la recherche de nouvelles pratiques qui pourraient nous appuyer. Cependant, nous devons également affronter le climat de désabusement et de démobilisation que toutes ces « saveurs du mois » ont créé chez nos employés… « C’est la nouvelle mode du mois. Ne vous en faites pas, ça leur passera. » Tous ces constats nous ont amenés à une intuition que nous avons eu envie d’explorer… « Intégrer à tous processus et outils d’amélioration, aussi robustes et éprouvés qu’ils puissent être, des pratiques mobilisatrices, de la constance et de la rigueur afin d’en assurer la réussite et surtout la pérennité ». Nous aborderons notre
récit par une mise en contexte qui permettra de situer pourquoi
et comment nous en sommes arrivés à entreprendre cette aventure.
En premier lieu, nous vous présenterons le « portrait
de la commande », laquelle a suscité nos premiers questionnements.
Nous décrirons le parcours mené par notre équipe
d’ingénieurs impliqués dans différents projets.
Nous ferons état des observations, des constats qui nous ont permis
d’en arriver aux solutions implantées. Nous terminerons par
un bilan des actions réalisées et surtout, ce que nous avons
appris dans cette aventure. |
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| LES
COMMANDES ARRIVENT... |
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Pour chacun de ces projets,
on désigne un ingénieur responsable. Très tôt,
on sent la nécessité de regrouper ces personnes au sein
d’une équipe qu’on désigne sous le nom de l’équipe
« Process Excellence » (PE). La haute direction fixe ses exigences
en regard de chacune de ces initiatives et s’attend à des
résultats à court terme (6 mois) qui devront se traduire
d’une part par une amélioration des performances commerciales
et, parallèlement, par la mise en place d’un climat d’excellence
à tous les niveaux de l’organisation. |
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| LES
PREMIERS QUESTIONNEMENTS DE L'ÉQUIPE « PROCESS EXCELLENCE »...
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En ce qui concerne les
performances commerciales, on comprend bien ce que cela veut dire et on
est bien disposé à être évalué sur cet
aspect : d’ailleurs, pour des ingénieurs, implanter
des outils et des processus techniques, c’est en plein dans nos
forces et dans nos champs d’intérêt. Cependant, implanter
un climat d’excellence, c’est une tout autre affaire !
Encore faudrait-il définir ce que l’on entend par là.
On nous dit dans le discours que la participation et l’implication
du personnel sont importantes. On nous répète qu’il
faut responsabiliser, mobiliser nos gens et que l’aspect humain
est un élément clé dans la réussite d’un
projet. On est bien d’accord avec tout ça, mais comment faire ?
Et surtout, comment va-t-on être évalué sur cette
dimension, alors qu’on ne considère actuellement que les
résultats commerciaux du projet ? Si, par exemple, prendre
le temps d’impliquer le personnel a des conséquences négatives
sur la performance commerciale du projet à court terme, alors qu’à
long terme, cette action permettrait d’assurer la survie du projet,
que doit-on mettre en priorité ? |
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| PRÉCISER
CE QUE L'ON ENTEND PAR « CLIMAT D'EXCELLENCE » ET
DÉTERMINER DES MOYENS CONCRETS POUR Y ARRIVER |
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Pour ce faire, on s’est dit que la meilleure façon de rendre opérationnel ce concept, c’était d’abord d’identifier les comportements ou les attitudes clés qui sont associés à un climat d’excellence. Une personne, un employé qui est engagé dans l’excellence, comment cela se voit ? Comment cela se reconnaît ? Cet exercice, fait en équipe, nous a permis de dresser une liste de comportements observables associés à un climat d’excellence. Par exemple, un employé engagé dans l’excellence est quelqu’un de responsable et autonome : les comportements que l’on peut observer chez cette personne sont, par exemple, qu’il travaille de sa propre initiative, qu’il est capable de prendre des décisions et d’agir par lui-même. Voilà pour les comportements observables. Par la suite, nous avons procédé à l’identification des conditions qui favorisent les comportements d’excellence, en d’autres termes, comment sont-ils déclenchés ? Comment sont-ils maintenus ? Nous sommes donc arrivés à constituer une liste de facteurs qui sont susceptibles de susciter et de maintenir les comportements d’excellence. Par exemple, un employé adoptera des comportements d’excellence si la vision et les objectifs sont clairs et stimulants, ou encore, si on reconnaît le travail qu’il fait. Finalement, parmi l’ensemble des facteurs répertoriés, nous avons retenu ceux sur lesquels les professionnels de l’équipe « Process Excellence » avaient et ont du contrôle ou de l’influence et, au même titre que les performances commerciales, nous avons convenu d’être évalués sur la mise en place de ces derniers. Cet exercice nous a donc
permis d’identifier quatre stratégies que nous avons décidé
d’intégrer dans tous nos projets et outils d’amélioration
et ce, dans le but de contribuer de façon significative au développement
et au maintien d’un climat d’excellence. Chacune de ces stratégies
est décrite dans le tableau 1. |
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DÉFINIR UN PROCESSUS STANDARD D'IMPLANTATION D'UN PROJET EN Y INTÉGRANT NOS STRATÉGIES D'EXCELLENCE |
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Dans
le but de ne pas créer un système en parallèle avec
ceux qui existent, nous avons choisi d’aborder le standard d’implantation
en concordance avec un processus déjà répandu et
connu dans l’entreprise, la méthode Six Sigma. Cette méthode
systématique de résolution de problèmes, qui s’intéresse
plus particulièrement au processus existant dans l’entreprise,
s’articule autour de six phases qui sont Définir
(D), Mesurer (M), Analyser
(A), Innover (I), Implanter
(I) et Contrôler (C), pour DMAI2C.
Notre première action fut donc de nous donner une compréhension
commune de cette méthode, d’en déterminer les acteurs
et les résultats escomptés en termes de mobilisation. Le
tableau 2 présente les conclusions de notre réflexion. On
y retrouve les six phases de la méthode DMAI2C et, pour
chacune d’elles, les résultats visés en termes de
mobilisation des acteurs impliqués dans un projet. |
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Après nous être entendus sur un processus standard d’implantation et avoir défini les résultats attendus en termes de mobilisation des personnes, nous avons déterminé, pour chacune des six phases de la méthode DMAI2C, les étapes pour atteindre ces résultats. Le tableau 3 fait état de nos réflexions.
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Par
la suite, nous avons défini les éléments standards
que l’on devrait retrouver pour chacune de ces étapes, avec
le souci d’y intégrer nos stratégies visant la mobilisation
des personnes. En plus de la raison d’être et des résultats
à obtenir, chaque étape comprenait également les
activités à réaliser pour intégrer tout au
long du projet nos quatre stratégies de mobilisation : |
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1. |
Appropriation et responsabilisation : pour favoriser la prise en charge du processus d'amélioration. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
2. |
Communication : pour assurer l'accès à l'information et maintenir l'engagement et l'enthousiasme. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
3. |
Reconnaissance : pour encourager les efforts et les résultats individuels et collectifs. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
4. |
Formation : pour assurer que tous ont les compétences nécessaires pour assumer leurs responsabilités. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Le tableau 4 est un exemple de standard d’implantation pour le projet « Réunions d’opération quotidienne » (ROQ). On y décrit l’étape 3 « Mandater l’équipe projet » de la phase 1 de la méthode DMAI2C « Définir l’actuel ». | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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| CONCLUSION
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À
travers cette aventure que nous avons vécue ensemble, nous avons
appris et expérimenté beaucoup de choses que nous pensions
intuitivement. Nous étions convaincus, par exemple, que la dimension
humaine dans la réalisation d’un projet est aussi, sinon
plus importante, que la dimension technique. Nous croyions fermement que
la réussite de tout projet d’entreprise, quelle que soit
son envergure, ne pouvait être obtenue que par la combinaison harmonieuse
des personnes impliquées et des outils ou des processus à
mettre en place. La difficulté ne résidait donc pas dans
notre conviction, mais plutôt sur les façons concrètes
d’intégrer harmonieusement la dimension humaine dans nos
projets pour faire en sorte que tous les acteurs concernés soient
mobilisés dans le projet.
En réalisant cette démarche, nous avons l’impression d’avoir rendu opérationnel quelque chose qui auparavant nous apparaissait plutôt vague et impalpable. Nous sommes aujourd’hui en mesure de mieux saisir et évaluer les comportements humains qui sont associés à la réussite et à la pérennité d’un projet et, surtout, nous pouvons proposer des stratégies et des moyens concrets pour les susciter et les maintenir. Parallèlement, et ceci constitue une contribution importante, cette expérience nous aura permis de changer notre façon de voir notre rôle et celui des utilisateurs dans la réalisation d’un projet. Désormais, nous ne portons plus seuls le poids des résultats commerciaux à atteindre, étant conscients de toutes les conditions à mettre en place pour lesquelles, finalement, on n’a pas beaucoup de pouvoir. Nous voyons maintenant notre rôle comme celui d’un agent de changement, un conseiller qui peut guider des gestionnaires dans l’implantation de processus et d'outils permettant l’amélioration des performances organisationnelles. Finalement, nous sommes convaincus que d’avoir redonner la responsabilité des performances commerciales aux utilisateurs devrait faire en sorte d’assurer une plus grande appropriation et une pérennité dans les projets.
Témoignages : Yann
De La Fouchardière, projet SMED |
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