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Comment
assurer l'intégration des procédures de travail qualité,
santé-sécurité et environnement dans un seul outil :
les Méthodes Appropriées de Travail |
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par
André
GAGNON, CRHA
![]() Publication : Forum Qualité, volume 15, numéro 1, hiver 2004-2005. |
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Formation
disponible : |
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Des histoires courantes |
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23 janvier, 8 h 22… Marcel, superviseur au département du moulage, est en maudit ! Il vient de recevoir une autre plainte du laboratoire : Jacques, nouvel employé de nuit en charge des prises d’échantillons de métal en fusion, a fait des erreurs dans l’étiquetage avant de les envoyer… « Que vais-je faire ? » se dit-il. « Pourtant, c’est inscrit noir sur blanc sur la procédure d’échantillonnage et on lui a dit de la consulter avant d’effectuer ce travail... y sait pas lire ou quoi ? » 23 janvier, 8 h 25… Marcel est encore plus en maudit ! Il vient d’apprendre que notre Jacques sera absent pour quelques jours et sera inscrit dans les prochaines statistiques d’accident. C’est presque incroyable, mais il semblerait qu’il s’est brûlé à une main en manipulant l’échantillon de métal pour apposer l’étiquette d’identification… « Je ne peux pas croire qu’il ne savait pas qu’il était nécessaire de refroidir l’échantillon avant… c’est tellement évident ! Pourtant, on s’est fendu en quatre pour écrire des analyses sécuritaires de tâches où c’est mentionné noir sur blanc… y sait pas lire ou quoi ! » |
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| La problématique | |||||
Reconnaissez-vous de telles situations dans vos organisations ? Cet exemple illustre pourtant la situation vécue dans plusieurs entreprises qui adhèrent à des normes (ISO 9000, ISO 14000, BPF, programme de santé-sécurité). Chacune de ces normes impose, à sa façon, des exigences en regard des procédures de travail. L’exemple ci-dessus tend à démontrer que la réponse à ces exigences peut aboutir à plusieurs cahiers de procédures, rédigés par différents départements, décrivant les mêmes tâches avec des perspectives différentes. Chacun, à sa manière, a sa chasse gardée. Le responsable santé-sécurité rédige ses ART (analyse sécuritaire de tâches), le directeur qualité ses PON (procédure opérationnelle normalisée), le coordonnateur environnement ses DET (directives environnementales de travail). Alors, est-il possible dans une même démarche et avec un seul outil d’intégrer l’ensemble de ces préoccupations ? Je me souviendrai toujours de cette rencontre où, conjointement avec le responsable formation d’une entreprise industrielle en démarrage, nous avions réussi à avoir autour de la table le directeur qualité, le coordonnateur de la santé-sécurité et le responsable de l’environnement. Cela avait été très ardu, mais nous avions réussi à les convaincre de la nécessité d’intégrer dans un seul et même document leurs différentes préoccupations. Nous venions alors de concevoir la « Méthode Appropriée de Travail ». |
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| La Méthode Appropriée de Travail : un outil intégrateur | |||||
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Rédiger des MAT et en assurer la gestion, implique du temps, de l’énergie et des ressources. On a vu précédemment que le fait d’intégrer dans un même système d’information les exigences en matière de qualité, santé-sécurité et environnement permet à l’entreprise de réaliser des gains d’efficacité certains, si ce n’est qu’en contrôlant un seul et même document. Mais est-il nécessaire que les MAT soient développées pour toutes les tâches ? Si on acceptait de gérer le risque (comme dans tout bon programme de prévention), on pourrait convenir que les tâches ne sont pas toutes importantes également. Ainsi, passer en revue l’ensemble de celles-ci et les classer selon des critères correspondant à nos exigences permet d’identifier celles qui ont un impact significatif sur nos résultats organisationnels. Investir en priorité sur ces dernières permet alors d’atteindre plus rapidement et sûrement des gains d’efficacité et d’en démontrer la valeur ajoutée. La MAT indique le meilleur chemin (et pas nécessairement le plus court) pour atteindre des résultats de production, bien sûr, mais en tenant compte également des risques associés aux personnes, à la qualité et à l’environnement. Rédiger une MAT implique donc, dans un premier temps, d’en décrire les étapes ou opérations (le quoi ?). Encore ici, l’exercice consiste, dans une perspective de valeur ajoutée, à identifier les étapes critiques ayant un impact significatif en lien avec nos exigences. Chacune de ces étapes fait alors l’objet d’une analyse permettant d’identifier les risques (le pourquoi ?) et, pour chacun d’eux, des façons de faire pour les éviter (le comment ?). |
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| La MAT comme outil d'amélioration continue | |||||
La MAT demeure un outil essentiel pour répondre à nos normes qualité, santé-sécurité et environnement. Elle constitue un moyen privilégié pour consigner, transmettre et conserver l’expertise de l’entreprise. Étant donné qu’elle reflète l’expertise de l’organisation aujourd’hui, elle n’a donc pas un caractère statique, mais dynamique. Une fois transmise et intégrée dans le processus normal du travail, chaque employé devrait avoir la préoccupation de l’améliorer parce qu’avec l’expérience et la contribution de chacun, on finira toujours par trouver une meilleure façon de faire. C’est ce qui, aujourd’hui, permettra à l’entreprise de devancer ses concurrents. Dans une perspective à long terme, l’entreprise devra donc mettre en place des mécanismes de gestion qui vont permettre non seulement la transmission efficace de cette expertise, mais aussi et surtout son amélioration en continu. C’est à cette seule condition que les MAT deviendront un outil central pour le développement des compétences individuelles et collectives de l’entreprise. |
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